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Quelle peine pour avoir fait feu en direction des gendarmes ?

Mardi, un homme de 61 ans comparaissait devant le tribunal correctionnel de Carcassonne, pour des faits de violence avec arme commis le 16 janvier, à Trausse-Minervois à l’encontre de personnes dépositaires de l’autorité publique, en l’occurrence cinq gendarmes de la brigade de Peyriac-Minervois.

Tout débute le 15 janvier. Alcoolisé, le sexagénaire quitte son domicile avec une arme de poing, un revolver six coups chargé de calibre 22 long rifle, avec l’intention de mettre fin à ses jours. C’est sa fille qui va alerter les gendarmes qui, à leur arrivée, le retrouvent chez lui, endormi. À l’audience, l’homme explique «ne pas avoir eu le courage» d’attenter à sa vie ce jour-là.

Le lendemain matin, il quitte à nouveau son domicile avec son arme, dans un état d’alcoolémie avancée. L’alerte est à nouveau donnée auprès de la gendarmerie. En lien téléphonique avec les militaires, sa fille le suit jusqu’à une butte de terre en contrebas de laquelle se trouvent les gendarmes, à une centaine de mètres. C’est là que, assis, il fait feu à deux reprises «en direction des gendarmes» selon les témoignages évoqués par la présidente Céline Fleury. Profitant d’un moment d’inattention, sa fille va le ceinturer pour le neutraliser. Les gendarmes se précipitent et l’interpellent. Mardi, le prévenu, qui a reconnu les faits lors de ses auditions, excepté d’avoir fait feu en direction des gendarmes, maintient sa position : «J’ai effectivement tiré, mais en l’air».

«J’ai tiré, mais en l’air. Je ne voulais blesser personne»

Autre élément central de ce procès, l’aspect intentionnel ou non de son geste à l’égard des militaires. S’il avait d’abord été entendu pour «tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique», le parquet avait écarté l’élément intentionnel. L’homme s’explique : «Je n’avais nullement l’intention de blesser qui que ce soit si ce n’est moi-même. Je voulais qu’ils ripostent, et fassent ce que je n’avais pas le courage de faire».

«Je voulais qu’ils ripostent et fassent ce que je n’avais pas le courage de faire»

Avant que le ministère public requière 8 mois de prison dont 6 avec sursis, la qualification des faits fut au centre des plaidoiries de la défense et de la partie civile. Pour le prévenu, Me Victor Font sollicitait leur requalification en «mise en danger de la vie d’autrui», arguant que «si l’intention d’homicide a été écartée, c’est que personne n’a pu déterminer qu’il a visé les victimes. L’expertise balistique précise qu’aucune trajectoire n’a pu être déterminée». Une vision que ne partage pas l’avocate des parties civiles, Me Maynadier estimant qu’il s’agissait là d’une volonté de minimiser les faits. Le tribunal a tranché, condamnant le sexagénaire à 6 mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve, ainsi qu’à indemniser les victimes.

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