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Toulouse : L’islam radical est inquiétant dans les quartiers

Selon Christophe Miette, commandant de police et responsable syndical en Occitanie, Toulouse est loin d’en avoir fini avec l’Islam radical, sept ans après les attentats de Merah.

Depuis 2012 et les attentats de Mohamed Merah puis la mise à jour de la fameuse filière djihadiste d’Artigat (Ariège, au sud de Toulouse), la Ville rose est identifiée comme un foyer important de l’islam radical en France.

Tandis que vient de se terminer le second procès – en appel – d’Abdelkader Merah, Christophe Miette, commandant de police et responsable régional du syndicat des cadres de la sécurité intérieur (SCSI), lequel fut par ailleurs l’un des enquêteurs lors des attentats de Toulouse, accepte de décrypter et quantifier les rouages du salafisme à Toulouse

Toulouse plus concernée que Marseille

A.T.: Cette réalité est-elle plus importante que dans d’autres grandes villes françaises ?

C.M.: La zone de défense et sécurité sud, comprenant les régions Occitanie et Provence-Alpes-Côtes d’Azur (PACA) capte à elle seule 50 % des affaires liées à l’islam radical en France. L’Occitanie est davantage concernée que la région PACA. Il y a des foyers particulièrement important comme Toulouse ou Lunel

Base arrière et financière du djihadisme

A.T.: Toulouse est un foyer important de radicalisme selon vous, pourtant la Ville rose n’a pas été concernée par un attentat depuis les tueries de Merah en 2012. Comment l’expliquez-vous ?

C.M. : Toulouse est une base arrière du djihadisme. La filière d’Artigat d’Olivier Corel le montre : elle a formé des djihadistes partis combattre au cœur de ce que fut l’Etat islamique. La forte porosité avec le trafic d’arme et le trafic de stupéfiant pour assurer le financement du djihadisme, le confirme. Un attentat local aurait été déstabilisant pour cette organisation bien huilée.

A.T.: Pourtant Merah l’a fait…

C.M.: J’ai une analyse assez personnelle de son passage à l’acte : je crois qu’il avait quelque chose à prouver à son frère Abdelkader. Mais si l’on regarde son parcours, l’on voit un djihadiste qui tente de partir combattre à l’étranger. On voit aussi qu’il braque une banque à L’Union, entre ses deux tueries à Montauban et Toulouse, pour alimenter les fonds de la filière toulousaine

A.T.: Islam radical, trafic d’armes, trafic de drogue.. On a un peu de mal à comprendre comment, avec les moyens modernes, police et justice n’en viennent pas à bout !

C.M.: L’Etat est dépassé. Nous sommes dépassés. Les armes ? La chute du bloc de l’est combinée à la perte progressive des frontières a favorisé un important trafic. Les stupéfiants ? Ils génèrent des millions pour les délinquants désormais organisés en de vraies sociétés commerciales clandestines. Dans ces supermarchés de la drogue, vous coupez une tête, il en repousse cinquante ! Concernant le traitement de la radicalisation nous avons un problème : les renseignements, après plusieurs années de difficultés sur ces questions-là, font désormais très bien leur travail. Mais il reste très difficile de judiciariser les cas qu’ils soumettent à la justice. Nous sommes dans de l’idéologie et souvent les faits ne sont que des paroles… 

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